Près de trois siècles après sa naissance au siècle des Lumières (mais peut-être vingt-cinq siècles après si l’on considère qu’il est né en Grèce), l’universel est aujourd’hui en crise. Son adversaire le plus virulent, qu’on appelle « wokisme », dont beaucoup dénoncent les excès, ne devrait pas nous étonner. Il n’est que le passage à la limite d’un rejet relativiste de l’universel qui a débuté bien avant ce mouvement, un universel jugé comme occidental et comme animé par l’arrogance de la civilisation qui a colonisé la planète.
Nous nous pencherons pour commencer notre réflexion sur la confusion qui est à l’origine de ces dérives idéologiques : la confusion entre les spécificités culturelles de l’Occident colonisateur, et l’universel qui est apparu pour la première fois en Occident mais qui n’a rien d’occidental. Alain Finkielkraut fut un précurseur quand il dénonça cette confusion dans l’un de ses premiers ouvrages La défaite de la pensée (1987).
Puis nous nous appuierons sur les réflexions de mon ami le très regretté Jean-François Mattei, brutalement disparu en 2014, qui n’a cessé de pourfendre les contradictions des relativistes. Jean-François Mattei reste et restera celui qui nous a fourni les armes les plus affûtées pour dénoncer les contradictions du relativisme.
Nous conclurons notre propos en insistant sur le paradoxe d’un monde dans lequel la technoscience d’origine occidentale est devenue planétaire tandis que la civilisation qui en a permis l’émergence n’a jamais été autant exécrée.