Archéologie à Sanary...Des traces de l’Antiquité

Le 17/05/2026

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Aux côtés du docteur en archéologie Fabrice Bigot (à droite), le Sanaryen Henri Ribot. Cet archéologue réputé et pionnier de l’archéologie préventive est confraternellement associé aux fouilles qui se déroulent actuellement à deux pas du port. Photo Jérôme Poillot

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La quantité de débris exhumés par les tractopelles peut ainsi laisser penser qu’il pouvait y avoir là « un dépotoir servant à l’artisanat potier et éventuellement quelques indices d’un artisanat métallurgique », poursuit l’archéologue… « Et surtout, poursuit-il, des éléments d’une ancienne villa romaine, comme en témoignent les morceaux de marbre trouvés, par exemple. »

Mais, sur les endroits bien définis où Mosaïques Archéologie a pour mission de fouiller, les diagnostics et les opérations de scintigraphie ont aussi révélé, dans les couches les plus inférieures, des artefacts archéologiques, tels que des tessons, des silex…

Puis au-dessus des niveaux témoignant d’une occupation à l’Âge du bronze, les archéologues sont cette fois tombés sur des vestiges de la fin de l’Antiquité, vers le Ve siècle après Jésus-Christ.

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« Cette période-là se matérialise par une concentration de pesons : ce sont des pièces de formes différentes en terre cuite utilisées sur les métiers à tisser (en médaillon). Les pesons étaient installés au bout des fils pour les tendres. Et ceux-ci sont particulièrement lourds, laissant penser qu’ils pouvaient servir à confectionner de grandes toiles, par exemple. Un trou de poteau semble confirmer qu’il y avait bien un grand métier à tisser vertical à cet endroit. On a même trouvé une aiguille à coudre ! »

Une autre thèse, mais à vérifier en laboratoire celle-là, serait la découverte de tissus qui aurait brûlé sur place. Des fonds de cuves et des fosses servant à la plantation des vignes ont également été découverts. Et paradoxalement, seules deux pièces de monnaie ont pour l’heure été ramassées.

Rapport attendu

Cette fouille préventive, déjà riche d’enseignements, a été imposée par l’État, qui oblige – c’est la loi - les aménageurs (ici CDC Habitat) à lancer, sous l’égide de la Drac, un appel d’offres, remporté donc par Mosaïques Archéologie, actuellement à l’œuvre. « C’est un peu le deal qu’a trouvé l’État, pour ne pas empêcher l’aménagement du territoire, mais en permettant à des spécialistes comme nous de dégager, dans un temps déterminé, les vestiges, pour les enregistrer puis publier un rapport de fouilles, retraçant l’histoire du site, explicite Fabrice Bigot.

Et pourquoi pas mettre, plus tard, à la disposition du public des panneaux explicatifs de nos travaux, si la mairie le souhaite. » Vu les curieux qui chaque jour interpellent les archéologues, une telle initiative aurait du succès, c’est certain.